En 30 secondes
3,16 % en 2019, 42,31 % au premier décompte le 21 septembre 2024 (55,89 % après les secondes préférences) : le NPP a fait élire Anura Kumara Dissanayake.
159 sièges sur 225. Le 14 novembre 2024, le NPP a obtenu 61,56 % aux législatives, deux ans après que l'Aragalaya a forcé Gotabaya Rajapaksa à démissionner.
Militants disciplinés dans presque tous les villages cinghalais, collectifs de professionnels et de femmes, un seul message : en finir avec la corruption, sans alliance avec les vieux partis.
Chute à 43,26 % aux élections locales de mai 2025.
L'Aragalaya a ouvert la fenêtre ; une organisation présente dans presque chaque village l'a franchie.
Les premiers pas
- Constituer un noyau organisateur stable, qui fonctionne entre les élections
- Écrire le message en une phrase : le problème, le coupable (un système) et la promesse
- Lister ce que vous ne ferez jamais : alliances avec ceux qui ont causé le problème, attaques communautaristes, faux comptes
Si vous débutez, commencez par les fondamentaux, de l'objectif de voix à ce que dit la recherche. Lire les fondamentaux
Qui l'a fait
La victoire de 2024 a deux lignées : l'Aragalaya, qui a refusé d'avoir des chefs, et le NPP, qui existait déjà et a attendu son heure.
La victoire de 2024 a deux lignées : l'Aragalaya, qui a refusé d'avoir des chefs, et le NPP, qui existait déjà et a attendu son heure. Les récits ci-dessous viennent des deux. Il existe peu de récits publics et détaillés des organisateurs du NPP sur la machine de campagne ; là où ils manquent, le playbook le signale.
Anura Kumara Dissanayake (AKD)
Chef du JVP depuis 2014 et du NPP depuis 2019 ; président depuis le 23 sept. 2024
A utilisé Facebook dès 2014 environ pour parler par-dessus des médias qui l'ignoraient, a fait la tournée de la diaspora en 2023–2024 et a mené la campagne sans déclarer de dépenses personnelles.
SourcesHarini Amarasuriya
Anthropologue, syndicaliste universitaire, secrétaire adjointe du NPP ; Première ministre depuis le 24 sept. 2024
Entrée par la National Intellectuals Organization en 2019, elle a, selon des analystes, aidé à rendre le NPP crédible auprès des professionnels et de la classe moyenne ; en 2024, elle a obtenu 655 289 votes préférentiels à Colombo, un record pour le district.
SourcesTilvin Silva
Secrétaire général du JVP, le parti au cœur du NPP
Dirige l'organisation du parti à Pelawatte, dont le réseau discipliné atteint presque tous les villages ; a résumé les priorités du nouveau gouvernement : développement, fin de la corruption et démocratie avec reddition de comptes.
SourcesRuwanthie de Chickera
Dramaturge et metteuse en scène ; coordinatrice à GotaGoGama (2022)
A décrit de l'intérieur comment le village de protestation de Galle Face est né sans organisation formelle et est resté décentralisé, avec bibliothèque, « parlement du peuple », poste médical et école.
SourcesMangala Jayasekera
Technicien de données à Brisbane ; organisateur dans la diaspora australienne
A aidé à organiser des rencontres communautaires à travers l'Australie, certaines avec Dissanayake venu du Sri Lanka pour s'adresser à la diaspora.
SourcesSulochana Peiris
Documentariste, réalisatrice de #GoHomeGota
A filmé l'Aragalaya en direct, rassemblé les images d'autres participants et fait du film un outil pour enseigner comment s'organise un mouvement de protestation.
SourcesRamindu Perera
Sociologue à l'Open University of Sri Lanka
A documenté le réseau des Kottasha Sabhas (conseils de circonscription) et les meetings réservés aux femmes qui ont rassemblé des milliers de personnes, surtout en zone rurale.
SourcesSanjana Hattotuwa
Chercheur sur les réseaux sociaux et la désinformation (Groundviews)
A analysé le débat sur Facebook autour des candidats de 2024 et le rôle des réseaux dans la mobilisation de l'Aragalaya.
Sources
Selon celles et ceux qui l'ont fait
Paraphrases d'entretiens et de déclarations de participants de l'Aragalaya, de dirigeants du NPP et de sympathisants.
Paraphrases d'entretiens et de déclarations de participants de l'Aragalaya, de dirigeants du NPP et de sympathisants. Les citations courtes sont entre guillemets et traduites.
Au début, il n'y avait aucune organisation : les gens sont venus d'eux-mêmes et, la nuit, ont planté des tentes. Quand le Parlement a invité 20 représentants à discuter, ils ont refusé, car « personne ne dirige ce mouvement ».
Ruwanthie de Chickera, coordinatrice à GotaGoGama, The Week, « People came in by themselves », 19 juil. 2022
Il n'y avait pas d'argent pour louer des bus. Le travail du noyau a été d'informer les gens de leurs droits et de donner du courage au mouvement — le reste, dit-elle, les réseaux sociaux l'ont fait en exposant la réaction du président.
Ruwanthie de Chickera, The Week, 19 juil. 2022
A résumé l'absence de chefs en une phrase : « sa plus grande force et sa plus grande faiblesse ».
Militant de l'Aragalaya interrogé par Carnegie, David G. Timberman, Carnegie Endowment, 27 août 2025
Soutenait que le mandat de la protestation était dans la rue, pas au Parlement — une position qui a laissé l'Aragalaya sans poids dans la succession de Rajapaksa.
Wasantha Mudalige, dirigeant de la Fédération interuniversitaire des étudiants (IUSF), Cité par Carnegie Endowment, 27 août 2025
7 citations de plus
Le « changement de système » que tous réclamaient n'a jamais été clairement défini, car les groupes avaient des idéologies différentes. Mais il en est resté une conscience politique accrue à la base et des conseils populaires qui recueillent les aspirations des gens.
Sulochana Peiris, documentariste, Groundviews, « Documenting and Understanding a People's Uprising », 7 févr. 2024
En campagne, il a répondu aux soupçons sur l'argent du NPP : « aucun pays étranger ne me finance » ; ses voyages en Chine et en Inde ont été payés par les gouvernements qui l'avaient invité.
Anura Kumara Dissanayake, Daily Mirror, 6 août 2024
A demandé au Nord tamoul d'être « partie prenante de ce changement » — un appel que des critiques tamouls ont lu comme une pression plutôt qu'une invitation.
Anura Kumara Dissanayake, en meeting à Jaffna, Tamil Guardian, 6 sept. 2024
La culture politique n'encourage pas les personnes qui ont des principes à entrer en politique, et le harcèlement en ligne éloigne les femmes des fonctions publiques.
Harini Amarasuriya, alors candidate sur la liste nationale du NPP, Daily Mirror, 16 juil. 2020
Les priorités du nouveau gouvernement : développer le pays, éradiquer la corruption et approfondir la démocratie avec reddition de comptes.
Tilvin Silva, secrétaire général du JVP, Cité par Jacobin, 22 nov. 2024
Ce qui a convaincu la diaspora, c'est la biographie : Dissanayake « est parti de rien », sans école privée coûteuse ni famille politique — pour lui, « un type propre ».
Mangala Jayasekera, organisateur dans la diaspora à Brisbane, ABC News (Australie), 25 sept. 2024
Lors d’un meeting entre les deux élections, il a dit que ce ne sont pas les grands médias qui ont fait le NPP, mais des jeunes, au pays et à l’étranger, « avec leurs écrans de 4 pouces ».
Bimal Rathnayake, député et dirigeant du NPP, Vidéo de meeting traduite par Sanjana Hattotuwa, Groundviews, 26 nov. 2024
L'histoire
En 2019, Gotabaya Rajapaksa a été élu avec 6,9 millions de voix.
En 2019, Gotabaya Rajapaksa a été élu avec 6,9 millions de voix. Trois ans plus tard, sans carburant, sans gaz et avec une inflation record, des centaines de milliers de personnes l'ont chassé. Le NPP n'a pas dirigé la révolte, mais c'était l'organisation prête à recueillir l'envie de « changer le système ».
- 3,16 % → 42,31 %
- pour Dissanayake à la présidentielle de 2019 et au premier décompte du 21 sept. 2024officiel
- 61,56 %
- et 6,86 millions de voix pour le NPP aux législatives du 14 nov. 2024 (3,84 % en 2020)officiel
- 21
- femmes élues au Parlement en 2024, le chiffre le plus élevé de l'histoireofficiel
- 528 M Rs
- dépensés par le NPP pour la présidentielle, contre 1,12 Md Rs pour Premadasa (rapports à la Commission électorale)chiffre de campagne
Du campement au gouvernement
- 2014–2019Dissanayake prend la tête du JVP le 2 février 2014 et commence à utiliser Facebook pour contourner les médias. Le 13 juillet 2019, le JVP et plus de 20 groupes fondent le NPP ; en novembre, Dissanayake obtient 3,16 %.
- août 2020Législatives : le NPP obtient 3,84 % et 3 sièges. Harini Amarasuriya entre au Parlement par la liste nationale.
- 31 mars–9 avr. 2022Manifestation près de la résidence du président à Mirihana ; le 3 avril, le gouvernement bloque les réseaux sociaux pendant environ 15 heures. Le 9 avril naît GotaGoGama, le village de protestation sur Galle Face ; #GoHomeGota se répand sur Facebook et Twitter.
- 9 mai 2022Des partisans du gouvernement attaquent les campements ; suivent des violences de représailles contre des maisons de députés. Le Premier ministre Mahinda Rajapaksa démissionne le soir même.
- 9–22 juil. 2022Les manifestants occupent la résidence et le secrétariat du président ; Gotabaya fuit le 13 juillet et démissionne. Le Parlement élit Ranil Wickremesinghe et, le 22 juillet, l'armée évacue le campement.
- 2023–mars 2024Le NPP met en place des Kottasha Sabhas (conseils de circonscription), lance une plateforme de femmes avec des meetings dans tout le pays et fait la tournée de la diaspora : États-Unis en 2023, Toronto et Vancouver en mars 2024.
- 26 août 2024Lancement du programme présidentiel. Le NPP publie aussi un programme distinct pour les personnes handicapées, une première dans le pays.
- 21–24 sept. 2024Dissanayake obtient 42,31 % au premier décompte et 55,89 % après le décompte des secondes préférences ; il prête serment le 23 septembre. Le 24, il nomme Harini Amarasuriya Première ministre et dissout le Parlement.
- 14 nov. 2024En 54 jours, le NPP passe de 42 % à 61,56 % : 159 sièges sur 225, victoire dans 21 districts sur 22 (dont Jaffna, une première pour un parti non tamoul) et 21 femmes élues.
- 6 mai 2025Élections locales : le NPP remporte la plupart des conseils, mais retombe à 43,26 %, avec une participation de 61,88 %.
Trois couches
Le NPP fonctionnait en trois couches superposées.
- Le noyau : le JVPUn parti de cadres marxiste-léniniste, à la discipline stricte, avec un réseau hiérarchisé qui atteint presque tous les villages, surtout en zone cinghalaise. Il fournit l'infrastructure, les militants et la décision centralisée.
- Le front : 21 groupes et collectifsNational Intellectuals Organization, Doctors for Social Justice, University Teachers for Social Justice, Progressive Women's Collective, artistes, syndicats, fonctionnaires et moines. Ils apportent la crédibilité auprès des professionnels et de la classe moyenne.
- Le territoire : les Kottasha SabhasDes conseils par circonscription, ouverts aux militants locaux qui soutenaient auparavant les grands partis, avec des espaces pour les femmes et les personnes handicapées. Ils étendent la portée au-delà des militants du JVP.
Ce qu'on ne sait pas. Les chiffres électoraux sont officiels (Commission électorale, via des rapports d'observation et des encyclopédies).
Aucun récit public et détaillé des organisateurs du NPP sur la machine numérique n'a été trouvé (nombre de bénévoles, réseaux de créateurs de contenus, budget publicitaire ou poids des petits dons) : ce playbook ne les chiffre donc pas. Le dirigeant Bimal Rathnayake a attribué la victoire à des jeunes armés de leur téléphone, sans donner de chiffres. Les rapports de dépenses sont déclarés par les partis eux-mêmes et la Commission n'a pas le pouvoir légal de les auditer. L'effet propre des réseaux, des meetings de femmes ou des Kottasha Sabhas sur le résultat n'a pas été mesuré : l'effondrement des partis traditionnels et la crise ont pesé autant que la méthode.
Le terrain
Le Sri Lanka de 2022–2024 sortait de la pire crise économique de son histoire indépendante, avec des télévisions alignées sur les grands…
Le Sri Lanka de 2022–2024 sortait de la pire crise économique de son histoire indépendante, avec des télévisions alignées sur les grands partis et un internet qui atteignait à peine plus de la moitié de la population. Le NPP a combiné réseaux sociaux, meetings et un réseau militant de village en village.
Plateformes
- Canal principal des trois campagnes les plus fortes ; environ 8,5 millions d'utilisateurs dans le pays (estimation 2023). Dissanayake l'utilisait depuis 2014 environ pour atteindre ceux que la télévision lui rendait inaccessibles. En 2024, il était le seul des trois favoris dont l'audience a fortement augmenté, et ses publications étaient partagées presque deux fois plus (mission d'observation de l'UE).
- YouTube
- Avec Facebook, la plateforme la plus populaire du pays. Longs discours et débats, où les dirigeants du NPP montraient leur maîtrise des dossiers et leur humour, y circulaient, hors de la télévision.
- TikTok
- Le réseau qui progresse le plus vite et, selon les observateurs de l'UE, la voie principale vers les jeunes ; avec environ 1 million de nouveaux électeurs en 2024, selon une estimation citée par Hattotuwa, c'était le terrain des primo-votants.
- La messagerie la plus utilisée ; les partis animaient de nombreux groupes de sympathisants pour diffuser des contenus et se coordonner.
- Meetings et écrans géants
- Les trois favoris ont tenu de grands meetings ; le NPP retransmettait ses rassemblements sur écran géant (comme le 1er Mai à Colombo) et a créé des meetings de district réservés aux femmes.
- Rencontres avec la diaspora
- Dissanayake a fait le tour de villes américaines en 2023 puis de Toronto et Vancouver en mars 2024, en plus de rencontres organisées par des sympathisants en Australie. L'objectif était d'obtenir des ressources, de l'influence sur les familles et de l'image, pas des voix (voter oblige à rentrer au pays).
Conditions locales
- Crise économique : inflation de 74 % en septembre 2022 et, en juin de cette année-là, 6,3 millions de personnes (28 % de la population) en insécurité alimentaire modérée ou grave.
- Connectivité inégale : environ 56,3 % de la population avait accès à internet en 2024, avec une littératie numérique de 68 % ; bien moins dans les zones rurales et les plantations.
- Médias partiaux : Hiru TV a consacré à Premadasa la moitié de son journal de grande écoute, sur un ton positif ; la chaîne publique Rupavahini a favorisé le président sortant ; le NPP était exclu des grands médias.
- Loi restrictive : l'Online Safety Act (janvier 2024) pénalise les « fausses déclarations » sans les définir ; en avril 2022, le gouvernement a bloqué réseaux sociaux et messageries pendant 15 à 16 heures environ.
- Règles de campagne : porte-à-porte à plus de cinq personnes restreint par la loi, affiches et drapeaux limités aux meetings et permanences, période de silence avant le vote et plafond de dépenses de 109 roupies par électeur.
- Système électoral : président élu au vote préférentiel (en 2024, pour la première fois, il a fallu compter les secondes préférences) et Parlement à la proportionnelle par district, avec vote préférentiel pour les candidats.
- Poids de l'histoire : le JVP a mené des insurrections armées en 1971 et à la fin des années 1980, qui ont fait des milliers de morts ; le parti a dû convaincre les électeurs qu'il avait changé.
- Fracture ethnique : les Tamouls représentent environ 12 % de la population ; le Nord et l'Est n'avaient jamais voté pour un parti du Sud, et l'Aragalaya y avait peu mobilisé.
La méthode
L'Aragalaya a répandu la colère contre la corruption dans tout le pays.
L'Aragalaya a répandu la colère contre la corruption dans tout le pays. Le NPP avait une organisation prête, l'a élargie au-delà du parti et a tenu un seul message pendant des années, jusqu'à ce que la fenêtre s'ouvre.
Trois fronts
- L'organisation avant le moment
- Un réseau militant présent dans presque tous les villages, un front de 21 groupes et des conseils locaux construits de 2019 à 2024. Quand le système des partis s'est effondré, il y avait quelqu'un partout pour accueillir les nouveaux venus.
- Un seul message, avec preuve à l'appui
- Corruption, « changement de système » et nouvelle culture politique, répétés depuis 2014. La preuve, c'était la biographie elle-même : un candidat issu d'une famille pauvre d'Anuradhapura, formé à l'école publique, sans famille politique, et le refus de toute alliance avec des figures des vieux partis.
- Ses propres canaux là où les médias excluent
- Facebook et YouTube pour les discours et débats, TikTok pour les jeunes, groupes WhatsApp pour diffuser, meetings retransmis sur écran géant, meetings réservés aux femmes et diaspora qui parle à la famille restée au pays.
Le cycle de campagne
Reconstitué à partir de ce que le NPP a fait entre 2022 et 2024.
- Être là sans capturer Pendant l'Aragalaya, des membres du NPP ont participé, mais le parti a évité toute présence organisée, pour ne pas donner l'impression de vouloir contrôler la protestation.
- Nommer la colère Transformer une révolte diffuse en un cadre simple et répété : la corruption, une élite qui a capturé la politique depuis 1948, « nettoyer le Parlement ».
- S'organiser par secteur Collectifs de professionnels, d'universitaires, de médecins, d'artistes, de fonctionnaires et de femmes : chacun parle à ses pairs et produit des propositions.
- S'organiser par territoire Un conseil par circonscription, ouvert à celles et ceux qui viennent d'autres partis, avec forums, ateliers et réunions publiques sur les problèmes locaux.
- Montrer De grands meetings bien organisés, de longs discours avec des chiffres et de l'humour, des extraits pour les réseaux, et des événements réservés aux femmes avec des femmes à la tribune.
- Refuser le raccourci Aucune alliance avec les partis ou les personnalités de l'ancien système, ni avant ni après le vote.
- Transformer la victoire en majorité Après les 42 % de la présidentielle, dissoudre aussitôt le Parlement et mener une campagne courte pour donner au président les moyens de gouverner : 54 jours plus tard, 61,56 %.
- Rendre des comptes Déclarer les dépenses, montrer des résultats et accepter que la bannière de la probité sera retournée contre ceux qui l'ont brandie.
Et on recommence.
Toolkit
Ce qu'il faut pour bâtir quelque chose de comparable : une organisation qui dure entre les élections, un front qui la dépasse, des conseils…
Ce qu'il faut pour bâtir quelque chose de comparable : une organisation qui dure entre les élections, un front qui la dépasse, des conseils locaux et vos propres canaux. Cela vaut pour un nouveau front électoral, un petit parti ou une coalition citoyenne, à condition de respecter les règles de cette page.
Choisissez votre pays pour voir les outils équivalents et les points juridiques à vérifier.
Opérations
Le NPP a associé une structure de cadres à un front ouvert. La tension entre les deux (qui décide et qui ne fait que soutenir) est le principal point de vigilance pour qui copie le modèle.
Fonctions essentielles
- Noyau organisateur
- Un groupe restreint, discipliné et stable qui fait vivre l'organisation entre les élections, garde le message et fixe les priorités. Ici, le JVP.
- Collectifs sectoriels
- Des groupes de professionnels (médecins, universitaires, intellectuels, fonctionnaires, artistes) qui produisent des propositions, parlent à leurs pairs et apportent de la crédibilité.
- Coordination des femmes
- Une plateforme dédiée qui organise des événements réservés aux femmes dans chaque district et garantit la présence de femmes à la tribune des meetings généraux.
- Conseils de circonscription
- Un conseil par circonscription qui accueille les militants locaux, y compris venus d'autres partis, discute des problèmes locaux et organise la campagne sur ce territoire.
- Équipe numérique
- Publie discours et débats complets, découpe de courts extraits pour Facebook, YouTube et TikTok et alimente les groupes WhatsApp de sympathisants.
- Meetings et événements
- Logistique des grands rassemblements, retransmission sur écran géant et formats spécifiques (femmes, jeunes, culture).
- Diaspora
- Des sympathisants à l'étranger qui organisent des rencontres avec les dirigeants, réunissent des ressources dans le respect de la loi et parlent à leur famille au pays.
- Finances et conformité
- Un fonds central de campagne, un registre des dépenses et le dépôt du rapport auprès de l'autorité électorale dans le délai légal.
Rythme
- Les années entre deux électionsTenir le message, former collectifs et conseils, publier régulièrement discours et débats. Ce fut le travail de 2014 à 2024.
- Quand la rue s'embraseLes membres participent en tant que citoyens ; l'organisation ne plante pas de drapeaux et n'essaie pas de diriger. Elle écoute et note ce que les gens demandent.
- Les mois précédant l'électionMeetings par district, événements réservés aux femmes, rencontres avec la diaspora, programmes sectoriels.
- Campagne officielleEnviron huit semaines pour la présidentielle (du 26 juillet au 21 septembre 2024) ; meetings quotidiens et contenus quotidiens sur les réseaux.
- Période de silenceCesser de publier des contenus de campagne quand la loi l'exige ; les observateurs de l'UE ont relevé des campagnes qui ont continué en ligne le jour du scrutin.
- Entre deux élections rapprochées54 jours entre la présidentielle et les législatives : choisir de nouveaux candidats, répéter le message et demander les moyens de gouverner.
Il a fallu au NPP dix ans de message constant et cinq ans de front large pour gagner en deux mois. Qui veut raccourcir ce délai a besoin d'une organisation existante sur laquelle s'appuyer.
Plan B
- Plusieurs plateformes à la fois (Facebook, YouTube, TikTok, WhatsApp) : le gouvernement a déjà bloqué les réseaux environ 15 heures en 2022.
- Des meetings et des conseils en présentiel pour celles et ceux qui ne sont pas en ligne, soit près de la moitié de la population.
- Votre propre réseau territorial, pour ne pas dépendre d'une télévision qui vous exclut.
- Des porte-parole aux profils variés (dirigeant du parti, universitaire, professionnels), pour ne pas dépendre d'un seul visage.
- Un registre des dépenses et des dons dès le premier jour, pour répondre aux accusations de financement étranger.
- Un appui juridique face à l'Online Safety Act et pour les incidents de campagne.
Technologie
Le NPP a surtout utilisé des plateformes gratuites et le travail de ses militants. Il a dépensé moins de la moitié du deuxième de la présidentielle : l'argent est allé aux meetings et à la logistique, selon les rapports officiels ; le détail poste par poste n'a pas été publié dans les sources consultées.
- Page et profil FacebookGratuit
Discours complets, directs et extraits. Au Sri Lanka, le canal principal de toutes les campagnes.
- Chaîne YouTubeGratuit
Longs discours, débats et entretiens qui circulent hors de la télévision.
- TikTokGratuit
Courts extraits de meetings et de débats pour les jeunes et les primo-votants.
- Groupes WhatsApp de sympathisantsGratuit
Diffusion de contenus et coordination locale, un groupe par conseil ou collectif.
- Direct et écrans géantsFaible à moyen
Retransmettre les grands rassemblements en ligne et sur écran géant pour celles et ceux qui ne tiennent pas sur place.
- Calendrier des meetings et événements de femmesLogistique et transport
Carte des meetings par district, avec des événements dédiés aux femmes et aux jeunes.
- Formulaire d'adhésion aux conseils locauxGratuit
Un formulaire simple pour qui veut rejoindre le conseil de sa circonscription, avec consentement pour être recontacté.
- Fichier de contacts des collectifsGratuit (tableur) ou faible
Qui est qui dans chaque collectif et conseil, et ce que chaque personne peut faire.
- Fonds central et registre des dépensesTravail de conformité
Un seul compte de campagne, chaque dépense et chaque don enregistrés, rapport à la Commission électorale sous 21 jours.
- Veille et vérificationGratuit à faible
Suivre attaques et rumeurs (comme celle selon laquelle Dissanayake interdirait le bouddhisme) et répondre par des faits, avec des vérificateurs indépendants.
- Publicités déclaréesVariable
Là où la loi le permet, des publicités identifiées et enregistrées dans la bibliothèque publicitaire de la plateforme. L'UE a noté que seule celle de Facebook offrait de la transparence.
- Centre de signalement des infractions et site avec assistantFaible à moyen
Le 27 juillet 2024, en inaugurant le Centre de politiques du NPP, Dissanayake a promis une campagne « non conflictuelle », annoncé un centre pour recenser et rendre publiques les infractions et lancé un site doté d’IA pour répondre immédiatement aux questions des électeurs.
Colonnes du registre du conseil local
Date · Circonscription · Type d'activité (forum, réunion, meeting, porte-à-porte) · Personnes présentes · Nouveaux participants · Viennent d'un autre parti ? (oui/non) · Problème local soulevé · Responsable du suivi
Présidentielle de 2024 : le NPP a déclaré 528 M Rs (environ 1,8 M $), via le fonds central du parti et sans dépense personnelle du candidat ; Premadasa a déclaré 1,12 Md Rs et Wickremesinghe 990 M Rs. Le plafond légal était de 109 roupies par électeur. La loi ne plafonnait pas les dons individuels et n'imposait pas de les publier avant le vote.
Communication
Le NPP a répété le même message pendant dix ans et a fait de la biographie du candidat et du refus des alliances la preuve de ce message.
La formule d'un message anticorruption
- Le problème Un fait que tout le monde a vécu, dit sans détour : la crise, les files d'attente, l'inflation.
- Le coupable Un système, pas une ethnie ni une religion : l'élite politique qui gouverne depuis 1948.
- La preuve Pourquoi nous sommes différents : qui nous sommes, d'où nous venons, ce que nous n'avons jamais fait.
- Le refus Ce que nous ne ferons pas : alliances avec les vieux partis, achat de soutiens, attaques communautaristes.
- La proposition concrète Deux ou trois mesures qui changent la vie : soulagement immédiat, école et santé publiques, fin de l'impunité.
- L'invitation Une façon de s'impliquer tout de suite : le conseil local, le collectif, le meeting.
Règles d'écriture
- Répétez le même message pendant des années au lieu d'en changer à chaque campagne.
- Attaquez le système et les pratiques, jamais des groupes ethniques ou religieux.
- Montrez des chiffres et votre maîtrise des dossiers : l'électeur méfiant veut savoir si vous savez gouverner.
- Utilisez l'humour dans les débats, sans insultes personnelles.
- Parlez à chaque secteur dans sa langue : médecins aux médecins, enseignants aux enseignants.
- Mettez des femmes à la tribune et organisez des espaces rien que pour elles.
- Parlez aussi en tamoul et dans les régions où votre parti n'a jamais gagné ; demandez l'adhésion, pas l'obéissance.
- Ne promettez jamais ce que vous ne tiendrez pas : la bannière de la probité sera retournée contre vous.
Exemple
Pendant des années, on nous a dit que la politique, c'est comme ça : les mêmes familles, les mêmes arrangements, les mêmes promesses. Nous n'avons pas de famille politique, nous n'avons passé aucun accord avec ceux qui nous ont menés à cette crise et nous n'en passerons pas. Nous voulons trois choses : un soulagement immédiat pour qui ne peut plus payer ses factures, des écoles et des hôpitaux publics qui fonctionnent, et la fin de l'impunité pour ceux qui ont volé. Si vous êtes d'accord, venez jeudi à la réunion du conseil de votre quartier. Apportez le problème de votre rue.
Transposer à votre contexte
Une partie de ce qui a marché au Sri Lanka fonctionne partout ; une autre dépendait d'un effondrement économique rare et d'un parti de…
Une partie de ce qui a marché au Sri Lanka fonctionne partout ; une autre dépendait d'un effondrement économique rare et d'un parti de cadres vieux de 50 ans. Séparez les deux avant de copier.
Fonctionne partout
- Construire l'organisation avant la crise : qui ne s'organise que quand la rue s'embrase arrive trop tard.
- Être dans la protestation sans chercher à la capturer ni planter de drapeau.
- Un message simple et constant sur la corruption et le changement de système, porté par la biographie de qui le prononce.
- Des collectifs par profession et par secteur pour gagner en crédibilité auprès de ceux qui se méfient des militants.
- Des conseils locaux ouverts à celles et ceux qui viennent d'autres partis, avec des forums sur les problèmes du lieu.
- Des espaces dédiés aux femmes, et des femmes à la tribune.
- Vos propres canaux sur plusieurs plateformes pour ne pas dépendre de médias qui vous excluent.
- Des dépenses déclarées et de la transparence dès le départ.
- Une fois élu, demander les moyens de gouverner, mais se préparer à être jugé à l'aune de sa propre bannière.
Dépend du contexte
- Un parti de cadres (le JVP) avec un réseau dans presque tous les villages
- Là où il n'en existe pas, cherchez l'organisation la plus proche : syndicats, associations de quartier, coopératives, mouvements d'Église. Sans une base qui dure entre les élections, le front large n'est qu'une liste.
- Facebook et YouTube comme canaux principaux
- Utilisez la plateforme où votre public se trouve déjà : WhatsApp et chaînes au Brésil, Telegram là où il domine, Instagram et TikTok chez les plus jeunes. Gardez-en plus d'une, car les blocages arrivent.
- Kottasha Sabhas par circonscription électorale
- Adaptez à votre carte : groupes par quartier, commune, canton ou département. L'essentiel est d'avoir un point de rencontre local ouvert à qui vient de l'extérieur du parti.
- Une diaspora qui ne peut pas voter depuis l'étranger
- Là où la diaspora vote dans les consulats, organisez l'inscription et le vote ; là où elle ne vote pas, demandez-lui de parler à sa famille, du temps et des ressources dans le respect de la loi.
- Restriction du porte-à-porte à plus de cinq personnes
- Vérifiez les règles de campagne de votre pays ; là où le porte-à-porte est libre, il peut remplacer une partie des meetings.
- Effondrement des partis traditionnels après une révolte
- Sans cet effondrement, la méthode prend plus de temps. Profitez-en pour grandir lentement et soyez prêts pour la prochaine fenêtre, sans la créer par des mensonges.
- Dissolution du Parlement juste après la présidentielle
- Cela dépend du système constitutionnel. Là où les élections sont simultanées ou à date fixe, la leçon est autre : faire campagne pour un groupe parlementaire en même temps que pour le candidat.
Les tactiques à reprendre
Choisissez les tactiques qui conviennent à votre contexte et ajoutez-les à votre kit : chacune fonctionne seule ou combinée avec celles…
Choisissez les tactiques qui conviennent à votre contexte et ajoutez-les à votre kit : chacune fonctionne seule ou combinée avec celles d'autres playbooks.
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Des conseils locaux ouverts à ceux du dehors
Un conseil par circonscription accueille des militants locaux (y compris ceux qui soutenaient auparavant les grands partis), organise des forums sur les problèmes du lieu et y mène la campagne, sans négocier de postes avec des dirigeants extérieurs. Au Sri Lanka, les Kottasha Sabhas ont donné au NPP une portée au-delà des militants du JVP, et le front est passé de 3,84 % en 2020 à 61,56 % en novembre 2024.
La mettre en place, étape par étape
- Marche quand
- Cela fonctionne quand les partis traditionnels perdent la confiance et que, dans les quartiers, des gens cherchent où s’engager.
- À éviter quand
- Cela échoue si l’ouverture tourne au partage de postes : accueillir des dirigeants des vieux partis contre des places détruit la preuve que vous êtes différents.
- Semaine −78 Découper la carte par circonscription et nommer un responsable dans chacune
- Semaine −78 Ouvrir une fiche d’adhésion au conseil local, avec consentement au contact
- Semaine −70 Ouvrir les conseils aux militants d’autres partis, sans négocier de postes
- Semaine −60 Tenir un forum public par conseil sur un problème local
- Semaine −52 Noter activités, nouveaux participants et problèmes soulevés
- Semaine −8 Pendant la campagne, chaque conseil mène la campagne sur son territoire
- 12 semaine(s) après Après la victoire, garder les conseils actifs pour écouter et demander des comptes
Équipe
- Responsable de circonscription : réunit le conseil et assure le suivi de chaque problème
- Accueil : reçoit les nouveaux, y compris d’autres partis, et leur confie une tâche
- Registre : note activités, nouveaux participants et problèmes soulevés
Ce qu'il faut mesurer: Nouveaux participants par conseil venus de l’extérieur du parti et revenus pour une deuxième activité, comptés dans le registre du conseil.
Risques à surveiller: Un front ouvert aux décisions fermées nourrit la méfiance : écrivez comment les conseils participent aux décisions et traitez la corruption dans votre camp avec la même rigueur.
-
Collectifs de métier qui parlent à leurs pairs
Des groupes de médecins, d’universitaires, d’intellectuels, de fonctionnaires, d’artistes et de femmes élaborent des propositions pour leur secteur et parlent à leurs pairs, apportant une crédibilité que le parti seul n’a pas. Au Sri Lanka, le front a réuni 21 groupes autour du JVP ; Harini Amarasuriya, venue de la National Intellectuals Organization, a obtenu 655 289 voix préférentielles à Colombo, un record pour le district.
La mettre en place, étape par étape
- Marche quand
- Cela fonctionne quand professionnels et classes moyennes se méfient des militants mais font confiance à des collègues qui connaissent le problème de l’intérieur.
- À éviter quand
- Cela échoue si les collectifs ne sont qu’une façade : sans règle écrite sur leur place dans les décisions, le front large devient une liste de noms.
- Semaine −100 Inviter des collectifs de soignants, enseignants, artistes, fonctionnaires et cadres
- Semaine −96 Convenir par écrit de la façon dont les collectifs participent aux décisions
- Semaine −80 Demander à chaque collectif une proposition concrète pour son secteur
- Semaine −52 Tenir la base de contacts : qui est qui dans chaque collectif et ce qu’il peut faire
- Semaine −4 Publier les manifestes sectoriels avant la campagne
- Semaine −3 Chaque secteur parle à ses pairs, dans leur langue : des médecins aux médecins
Équipe
- Noyau organisateur : fait vivre le front entre les élections et garde le message
- Coordination de chaque collectif : réunit le secteur et rend la proposition
- Base de contacts : sait qui est qui et ce que chacun peut faire
Ce qu'il faut mesurer: Professionnels ayant rejoint un collectif et livré un travail concret (une proposition sectorielle, une rencontre avec des collègues), notés dans la base de contacts.
Risques à surveiller: Un noyau discipliné peut avaler le front et décider en vase clos : publiez les règles de décision et donnez aux collectifs une vraie voix, pas une vitrine.
-
Un seul message, prouvé par vos refus
Le même message (corruption, changement de système, nouvelle culture politique) répété pendant des années sur ses propres canaux, prouvé par la biographie de celui qui le porte et par le refus public de toute alliance avec l’ancien système. Au Sri Lanka, Dissanayake utilisait Facebook depuis 2014 environ pour contourner des médias qui l’excluaient, et il est passé de 3,16 % en 2019 à 42,31 % au premier tour de 2024.
La mettre en place, étape par étape
- Marche quand
- Cela fonctionne quand la colère contre la corruption est diffuse et que les grands médias vous excluent, mais qu’on a le temps de répéter la même idée jusqu’à l’ouverture de la fenêtre.
- À éviter quand
- Cela échoue si le message change à chaque campagne ou si le coupable devient une ethnie ou une religion : c’est de la politique communautaire, une ligne rouge.
- Semaine −104 Écrire le message en une phrase : le problème, le coupable (un système) et la promesse
- Semaine −104 Lister vos refus : alliances avec les responsables, attaques communautaires
- Semaine −100 Ouvrir vos propres canaux sur au moins deux plateformes et publier régulièrement
- Semaine −52 Publier discours et débats en entier, avec chiffres et humour
- Semaine −8 Pendant la campagne, découper des extraits quotidiens pour chaque plateforme
- Semaine −4 Mettre en place une veille des rumeurs et répondre par des faits, avec des vérificateurs
- Semaine du jour J Respecter le silence électoral, en ligne aussi
Équipe
- Porte-parole aux profils variés (dirigeant, universitaire, professionnels) : portent un seul message
- Équipe numérique : publie les discours complets et découpe des extraits par plateforme
- Veille et vérification : suit les rumeurs et répond par des faits
Ce qu'il faut mesurer: Personnes qui, après un discours ou un extrait, se sont inscrites dans un conseil local ou un collectif, comptées via la fiche d’adhésion et sa source, et non les partages.
Risques à surveiller: Qui gagne sous le drapeau de la probité est jugé à cette aune : le NPP est tombé à 43,26 % six mois plus tard. Ne promettez que ce que vous tiendrez et n’utilisez jamais de pages anonymes ni de faux profils.
-
Meetings de femmes et oratrices partout
Une plateforme de femmes dotée de sa propre coordination organise des meetings réservés aux femmes dans chaque district et garantit des oratrices aux meetings généraux. Au Sri Lanka, 73 % des meetings de campagne de Dissanayake comptaient des oratrices, selon les observateurs de l’UE, qui n’ont vu aucune femme prendre la parole dans la moitié des meetings observés ; les meetings de femmes ont réuni des milliers de personnes, surtout en zone rurale, et en novembre 2024, un record de 21 femmes ont été élues.
La mettre en place, étape par étape
- Marche quand
- Cela fonctionne là où les femmes ont été au cœur de la mobilisation mais ne parlent presque jamais sur les tribunes politiques.
- À éviter quand
- Cela échoue comme décor : faire monter des femmes sur scène sans coordination propre ni place sur les listes, ce n’est que de l’image.
- Semaine −52 Créer une plateforme de femmes avec sa propre coordination
- Semaine −40 Établir le calendrier des meetings réservés aux femmes par district
- Semaine −30 Former des oratrices locales pour les meetings
- Semaine −8 Garantir des oratrices à tous les meetings généraux de la campagne
- Semaine −8 Diffuser les meetings en direct et découper des extraits pour les réseaux
- 8 semaine(s) après Placer des candidates sur les listes de l’élection suivante
Équipe
- Coordination des femmes : organise les meetings et choisit les oratrices
- Meetings et événements : gère la logistique, la diffusion et les écrans géants
- Formation : prépare des oratrices qui n’ont jamais parlé en public
Ce qu'il faut mesurer: Femmes ayant pris la parole pour la première fois sur une tribune de la campagne, et femmes ayant rejoint un conseil ou un collectif après un meeting, comptées par district.
Risques à surveiller: Le harcèlement en ligne éloigne les femmes de la politique : prévoyez modération, sécurité et soutien aux oratrices avant de les mettre en avant.
-
Un fonds central et des dépenses déclarées
Un seul compte de campagne, chaque dépense et chaque don enregistrés dès le premier jour, et le rapport remis dans les délais et publié même quand la loi ne l’exige pas. Au Sri Lanka, le NPP a déclaré 528 millions de roupies pour la présidentielle, via son fonds central et sans dépense personnelle du candidat, contre 1,12 milliard pour Premadasa, et a répondu par des documents aux soupçons d’argent étranger.
La mettre en place, étape par étape
- Marche quand
- Cela fonctionne quand votre message est anticorruption et que vos adversaires vous accuseront de financement occulte ou étranger.
- À éviter quand
- Cela échoue si l’argent passe par des comptes personnels ou si la diaspora donne sans que vous ayez vérifié ce que la loi permet.
- Semaine −26 Ouvrir un seul compte de campagne dans un fonds central
- Semaine −26 Vérifier avec un avocat ce que la loi permet à la diaspora et aux donateurs étrangers
- Semaine −20 Enregistrer chaque dépense et chaque don le jour même
- Semaine −8 Répondre aux accusations de financement étranger par des documents
- Semaine −1 Publier les dons avant le vote, même si la loi ne l’exige pas
- 3 semaine(s) après Remettre le rapport à l’autorité électorale dans les délais et le publier
Équipe
- Finances et conformité : tient le fonds central et le registre des dépenses
- Avocat : confirme les plafonds de dépenses et les règles pour les donateurs étrangers
- Diaspora : collecte uniquement dans le cadre légal et documente chaque virement
Ce qu'il faut mesurer: Dons et dépenses enregistrés avec justificatif le jour même, rapportés au total, et rapport remis dans le délai légal.
Risques à surveiller: Là où l’autorité électorale n’audite pas, le soupçon persiste : publiez tout vous-mêmes et traitez toute irrégularité interne au grand jour et vite.
Pratiquer
Entraînez-vous sur les missions et situations du cas.
Décidez comme le NPP
Six moments réels entre 2022 et 2024. Choisissez ce que vous feriez et voyez ce qui s'est passé et ce que l'expérience enseigne.
Plan en cinq phases
La séquence du NPP, condensée en liste de contrôle.
La séquence du NPP, condensée en liste de contrôle. Là-bas, il a fallu cinq ans de front et deux mois de campagne décisive ; adaptez les délais à votre calendrier. La progression est enregistrée dans ce navigateur.
1. Le noyau et le message
2. Le front large
3. Le territoire
4. La campagne
5. Après la victoire
Règles
Le capital du NPP, c'était son image de probité.
Le capital du NPP, c'était son image de probité. Ces règles la protègent.
- L'argent au grand jour
- Un fonds central, chaque dépense et chaque don enregistrés et un rapport à l'autorité électorale dans les délais (au Sri Lanka, 21 jours après le résultat). Même si la loi n'oblige pas à publier les dons avant le vote, publiez-les.
- Pas d'argent étranger illégal
- Vérifiez ce que la loi de votre pays autorise pour la diaspora et les donateurs étrangers, et documentez-le. Les accusations de financement étranger sont courantes et exigent une réponse documentée.
- Règles de campagne locales
- Plafonds de dépenses, règles du porte-à-porte (au Sri Lanka, les groupes de plus de cinq personnes étaient restreints), affichage et période de silence varient. Vérifiez auprès d'un avocat.
- Uniquement des personnes réelles
- Pas de pages anonymes, de faux profils, de bots, d'abonnés achetés ni d'attaques semées dans des groupes de divertissement ou de potins.
- Pas de politique communautariste
- Attaquez des pratiques et des systèmes, jamais des ethnies ou des religions. Dans un pays marqué par une guerre civile, c'est une ligne rouge.
- Des faits sourcés
- Des accusations de corruption uniquement sur la base de documents ou de décisions publiques. Les insinuations sapent le message de probité.
- Consentement
- N'envoyez de messages qu'aux personnes qui ont donné leurs coordonnées et leur accord ; la protection des données (RGPD, LGPD ou loi locale) s'applique aux campagnes et aux fronts.
- Liberté d'expression
- Des lois comme l'Online Safety Act peuvent être utilisées contre les critiques. Qui promet de changer le système doit défendre le droit de critique aussi une fois au gouvernement.
- Non-violence
- Les violences du 9 mai 2022 ont éloigné la classe moyenne de l'Aragalaya et offert au gouvernement le récit qu'il cherchait. Aucune forme de violence, y compris de représailles.
Limites
Ce que cette méthode ne fait pas, et quand elle échoue.
- Elle ne se copie pas vite
- Le réseau du JVP a mis des décennies à se construire et atteint presque tous les villages cinghalais ; en dehors de ses groupes membres, le NPP avait peu d'organisation locale. Sans une telle base, le reste de la méthode perd sa force.
- La discipline a un coût démocratique
- Le JVP fonctionne selon le centralisme démocratique et ses décisions internes sont peu transparentes. En 2026, des analystes se demandaient encore si le JVP avait « avalé » le NPP et soulignaient une influence de Tilvin Silva presque égale à celle du président.
- L'Aragalaya n'est pas arrivée au pouvoir
- Peu de jeunes de l'Aragalaya sont entrés au gouvernement ou aux premiers rangs de l'opposition ; plus de 70 % des 159 députés du NPP ont plus de 45 ans.
- La bannière de la probité se retourne contre vous
- Le 10 avril 2026, le NPP a rejeté une motion de censure (153 voix contre 49) demandant la démission du ministre de l'Énergie, Kumara Jayakody, que la commission anticorruption (CIABOC) avait décidé de mettre en accusation, décision réaffirmée fin février. L'opposition et des militants anticorruption pointent aussi des soupçons de favoritisme dans des achats de charbon, de véhicules et de passeports.
- Changer le système prend plus de temps que promis
- Le gouvernement a maintenu le programme du FMI avec des changements marginaux et n'a pas avancé sur la nouvelle Constitution. En avril 2026, l'International Crisis Group l'a appelé à retirer ou amender son projet de loi antiterroriste pour supprimer la menace qu'il fait peser sur les normes démocratiques ; en juin, le ministre de la Justice a promis d'abroger la PTA dès 2026 et de la remplacer par une loi révisée.
- Le soutien s'effrite vite
- De 61,56 % en novembre 2024 à 43,26 % aux élections locales de mai 2025, avec une participation de 61,88 %. En juillet 2026, une majorité approuvait encore le président, mais plus de la moitié disait que les finances de son foyer s'étaient dégradées.
- Les chocs extérieurs mettent la machine à l'épreuve
- Le cyclone Ditwah, fin novembre 2025, a fait plus de 800 morts et environ 4,1 Md $ de pertes ; la lenteur de la réponse a été attribuée en partie à l'inexpérience du gouvernement.
- Minorités et justice
- Des familles tamoules de disparus et des militants du Nord ont continué de subir le harcèlement de l'armée et de la police antiterroriste, et le gouvernement n'a pas pris de mesures claires sur les crimes de guerre. Aux élections locales de 2025, les partis tamouls ont regagné du terrain dans le Nord.
- La campagne en ligne a aussi été dure
- Dissanayake a été le candidat le plus attaqué en ligne, mais sa propre campagne a souvent recouru à des messages négatifs contre ses rivaux.
Vérifier
Cinq questions pour confirmer l'essentiel.
Cinq questions pour confirmer l'essentiel. Chaque réponse est accompagnée d'une explication.
Sources
Playbook construit à partir de récits de participants de l'Aragalaya et de sympathisants du NPP, de déclarations de dirigeants, de rapports…
Playbook construit à partir de récits de participants de l'Aragalaya et de sympathisants du NPP, de déclarations de dirigeants, de rapports d'observation électorale (UE, PAFFREL), de données officielles et d'analyses de chercheurs sri-lankais publiés entre juillet 2022 et octobre 2026. Toutes les pages ont été ouvertes et lues le 26 octobre 2026.
44 sources
Qui l'a fait
- The Week: “People came in by themselves; GotaGoGama only created the opportunity” (entretien avec Ruwanthie de Chickera) 19 juil. 2022
- Groundviews: Documenting and Understanding a People's Uprising (entretien avec Sulochana Peiris) 7 févr. 2024
- Daily Mirror: “No foreign country is funding me” (entretien avec Anura Kumara Dissanayake) 6 août 2024
- Daily Mirror: Cyber bullying prevents women from public positions: Harini Amarasuriya 16 juil. 2020
- EconomyNext: Factbox: Sri Lanka's new PM Harini Amarasuriya's thorny path from social health worker 25 sept. 2024
- ABC News: What does the diaspora think of Anura Dissanayake? 25 sept. 2024
Données
- Centre for Policy Alternatives: A Brief Analysis of the Aragalaya (Social Indicator, enquête nationale) mai 2023
- EU Election Observation Mission: Sri Lanka 2024 Final Report 2025
- PAFFREL: Presidential Election 2024, First Interim Report (pre-election period) 12 sept. 2024
- Transparency International Sri Lanka: Electoral Integrity: Presidential Election 2024 oct. 2024
- Ada Derana: EC reveals candidates expenditure for 2024 Presidential Election 25 oct. 2024
- Freedom House: Sri Lanka: Freedom on the Net 2024 2024
- Hashtag Generation: Publications sur la veille des réseaux sociaux lors des élections de 2024–2025 consulté le 26 oct. 2026
- Wikipedia: 2024 Sri Lankan presidential election consulté le 26 oct. 2026
- Wikipedia: 2024 Sri Lankan parliamentary election consulté le 26 oct. 2026
- Wikipedia: 2025 Sri Lankan local elections consulté le 26 oct. 2026
- Wikipedia: National People's Power consulté le 26 oct. 2026
- Wikipedia: NPP Kottasha Sabha consulté le 26 oct. 2026
- Wikipedia: Aragalaya consulté le 26 oct. 2026
- Wikipedia: Harini Amarasuriya consulté le 26 oct. 2026
Presse
- Tamil Guardian: What change does the NPP have for the North-East? 6 sept. 2024
- Jacobin: Sri Lanka's People Have Kicked Out the Old Political Class (B. Skanthakumar) 22 nov. 2024
- Colombo Telegraph: AKD's International Crusade: Will It Come To Naught? (Vishwamithra) 9 nov. 2023
- The Diplomat: The NPP's Rise and the Opposition's Fall in Sri Lanka nov. 2024
- The Diplomat: Leftist Coalition's Seismic Victory Reshapes Sri Lanka's Political Landscape nov. 2024
- The Morning: AKD and JVP/NPP's strong public backing faces new test amid rising living costs and judicial controversy 19 juil. 2026
- Newsfirst: Sri Lanka to repeal PTA this year, new law in final stage 19 juin 2026
- Newsfirst: NPP announces non-confrontational election campaign, launches new website 27 juil. 2024
Analyse
- Carnegie Endowment: The Aragalaya Protest Movement and the Struggle for Political Change in Sri Lanka (David G. Timberman) 27 août 2025
- Newswire: Factum Perspective: 2024 Sri Lankan elections, the momentous rise of the populist left (Ramindu Perera) 14 oct. 2024
- Social Justice (Centre for Society and Religion): e-Edition août–sept. 2023, avec Ramindu Perera, “Politics at Crossroads” août 2023
- Global Voices / Groundviews: Digital partisans: Dissecting Facebook sentiment towards Sri Lanka's main presidential candidates (Sanjana Hattotuwa) 15 sept. 2024
- Groundviews: Sri Lanka's Political Moment in 2024: Part 1 (Harendra Alwis) 4 oct. 2024
- Groundviews: The NPP, the JVP and the Realities of Communist Party Governance (Nuwan Vimukthi) 2 sept. 2024
- Colombo Telegraph: The Driving Forces Behind NPP's Popularity (Vipula Wanigasekera) 24 févr. 2024
- Asia Pacific Foundation of Canada: Sri Lanka's New Leftist President Signals Sharp Political Shift 25 sept. 2024
- LINKS / Polity: Sri Lanka: Reading the General Election 2024 (Pasan Jayasinghe et Amali Wedagedara) 23 nov. 2024
- Green Agenda: Negotiating left politics in Sri Lanka: The NPP in government (Rajni Gamage et Harindra B. Dassanayake) 20 janv. 2025
- ISAS (NUS): Sri Lanka's Parliamentary Election: The NPP Wins Historic Super Majority (Rajni Gamage) 15 nov. 2024
- Westminster Foundation for Democracy: Shifting spending patterns: Sri Lanka's 2024 general elections (Naushalya Rajapaksha) 2024
- International Crisis Group: Sri Lanka's Bumpy Road to a Political Reset (rapport n° 356) 16 avr. 2026
- NBR: Tracking the Next Generation of Leaders in Sri Lanka (Rajni Gamage) 29 mai 2026
- The Examiner: What can the NPP learn from Latin America? (Andres Mejia Acosta et Mick Moore) 23 oct. 2026
- Groundviews: Sanjana Hattotuwa, The Online Safety Act and MP Bimal Rathnayake's take on social media's role in the election victories 26 nov. 2024
Image: Channa udeepa jayawardhane, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons (adapted)
Mis à jour le 26 octobre 2026
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